Questions d'objectifs


Je voulais blogger plus en mars. Mais c'est simple : j'ai eu mille fois mieux à faire.

Mars n'a pas été un mois facile pour moi. Manque de réussite en late game, massive tilt ensuite. Et une forme de tilt que je ne connaissais pas trop, qui se manifeste quasiment dès le premier coup perdu et se concrétise en un tilt hyper agressif (mais catégorie lolmaniac, pas l'hyper aggro qu'on rêve d'être, juste celui qui va check-raise bluff river une calling station qui a de toute évidence les nuts).


Pas de panique non plus. Ces tilts hyper intenses, c'est finalement moins pénalisant qu'un tilt de fond qui traîne. On respire. On ne se blâme pas de s'être suicidé avec élégance sur 3-4 MTT pour avoir perdu un coinflip sur un 5€. Et quand la pression retombe, la fin de session peut se passer normalement.

Ça valait bien tout de même quelques jours de break histoire de comprendre le comment et le pourquoi de ce tilt aussi soudain que l'éruption d'acné chez le jeune pubère au printemps. Pas dramatique mais ça pourrit quand même bien l'existence.



Finalement, il y aura même eu plus de peur que de mal vu que je break even. Tu parles d'un tilt...


Ou alors je commence à mieux gérer ce genre de chose ? C'est probablement le cas mais j'ai bien trop peur de le penser et de "baisser la garde". Mieux vaut se faire à l'idée que le combat est permanent et jamais gagné. The Mental Game of Poker est devenu mon livre de chevet. Annoté de partout. Accompagné de mon "journal". Merci beaucoup, Mr Tendler.


A propos de livres, j'en lis énormément depuis quelques mois. En fait, puisqu'il est absurde de refaire encore et encore ce qui ne marche pas, j'ai tenté une approche différente qui me réussit plutôt bien. Les livres de poker ne me servaient généralement à rien. J'en ouvre un, je le lis et, terminé, il n'en reste rien. Je suis un gros lecteur de nature et cela ne fonctionne pas quand il s'agit d'ouvrages "techniques".

Je teste donc quelque chose de différent : 50 bouquins poker/mindfullness/stress dans l'iphone que je lis en même temps. Lire quelques pages de l'un puis, quand il me lasse, passer au suivant. Et encore. Jusqu'à ce que je trouve quelque chose d'intéressant qui mérite que je m'arrête et réfléchisse.


L'idée m'est venue justement d'une lecture où la phrase "don't be the grinder, become the learner" (je paraphrase et je ne sais absolument plus d'où ça vient) m'a parlé comme rarement (got it! c'est l'intro du Blueprint). Depuis que j'ai commencé à jouer sérieusement (si, si), je cherche à devenir un grinder.

J'ai toujours envié les joueurs capables d'assurer des volumes de malade mental. Moi aussi, je veux jouer 24 tables de cash game alors même que, au-delà de 6, je suis probablement aussi mauvais que n'importe quel dégénéré.fr (ok, peut-être au-delà de 10 maintenant mais ça n'est même pas évident). Moi aussi je veux jouer 60 MTT/jour 25j/mois et me batailler pour les leaderboards.

En tout cas, je l'ai toujours souhaité. Je n'ai pas forcément fait ce qu'il fallait pour y arriver (préparation physique et mentale, notamment). Mais, de toute façon, je n'en suis probablement (certainement) pas capable. Ce n'est pas dans ma nature (et si un jour ça devient possible, je le saurai).

Mais, au final, ça n'est même pas important. Ni souhaitable.


Est-ce que j'envie les gars qui se bataillent pour le TLB? Oui, parce que, quels que soient mes efforts pour faire du volume et aller jouer avec eux, je ne pointe qu'en 53ème position. Et je sais pertinemment que la distance qui me sépare de la tête ne va jamais diminuer. Je devrais être satisfait d'avoir au 26 mars 2012 le score que j'avais au 30 novembre 2011. Je devrais me réjouir de tenir sans problème un volume nouveau pour moi (environ 600 MTT/mois). Mais mon cerveau ne voit que l'incapacité à rivaliser avec le peloton de tête et la frustration que cela génère...


Les quelques jours de break après le mini-tilt m'ont permis de reprendre un peu mes esprits. Je n'ai rien à foutre de ce TLB de merde. Je n'ai rien à branler de faire plus de volume pour juste faire du volume. Cette ambition à vouloir devenir un grinder est un frein qui me ronge depuis des années. Et me détourne de l'objectif réel : travailler, apprendre, m'améliorer (gameplay, physique et mental - yep, ça, c'est compris).

Mais à force de voir des news du "défi xewod", tout en constatant que mon ranking commençait à ressembler à celui d'un grinder décent, je me suis laissé emporté. Derrière, par manque de résultat, l'obsession du grinder (l'argent) m'a rattrapé. Et je me suis retrouvé dans la merde...


Or, franchement, ça vous fait envie ces cinq gars qui se sont enchaînés à un rythme de malade mental et peinent à tenir 10% de ROI après même pas la moitié de leur challenge ?

Ma vie est trop heureuse actuellement pour réellement les envier. Et c'est tant mieux. Il me reste encore beaucoup à faire pour trouver la "balance". Mais je suis sur la bonne voie. Je le sais. Grinder pour 10% de ROI n'est pas mon objectif. Je préfère nettement ma position actuelle où je joue deux fois moins pour 40% de ROI. Mon objectif n'est pas de prendre le TLB. Il est de doubler (ou tripler) mon average buy-in et de doubler (tripler?) mon ROI.

Ma vie est heureuse et il me faut en profiter. Certes, mes résultats financiers sont encore un peu juste. Peu importe. Cela signifie simplement qu'il faut encore travailler. Sur mon jeu à 25-35bb par exemple, où j'ai de grosses lacunes. Sur mon hygiène de vie et notamment de sommeil (là-dessus, peu de progrès hélas). Sur ma psychologie et la gestion du stress.



Ni satisfecit ni apitoiement. J'apprend. Je me prépare mieux. Je travaille plus. Je procrastine moins ( ;) ). Un jour, j'aurai probablement de nouveau des choses à dire sur ce blog. Mais, pour l'heure, j'ai quasiment toujours quelque chose de plus important à faire.

Sincèrement, ça m'arrange...


Et ce sera tout ce kipik pour...

Love It Big


On m'a demandé 2 updates mensuels, je vais tâcher de m'exécuter. Et ça tombe plutôt bien vu que je peux me permettre de brag un peu après la gagne du Big Ten Hier (573 joueurs, 10€ rebuy 6max sur PS).

Blague à part, j'avais prévu de poster hier. A la place, j'ai préféré faire un peu d'analyse avant ma session. Et c'est pas un choix que je regrette vu que replayer la 5ème place de la veille sur le même Big Ten a porté ses fruits ;) (yep, le brag 2-en-1)


Étonnamment, ces deux perfs sont l'iceberg qui masque la réalité du moment. Ça fait maintenant 2-3 semaines que je run pire que jamais. Pour l'anecdote, j'ai gagné en février moins de 80/20 et 75/25 que de 20/80 et 25/75 (et j'ai pas assez tilté pour jouer plus de dominés, my bad). C'est pas forcément non plus un drame, mais ces badbeats ont tendance à venir en grappe. Hier, pendant la TF du Big Ten, j'ai ainsi sauté de sept MTT sur des 80/20 (et pour le second jour de suite, bullé la TF du 30€ KO sur le même setup).

Et, ça, pour le tilt, c'est franchement ce qu'on fait de plus efficace. Passer de 10 à 3 tables en moins d'une heure alors qu'on devrait monter un big stack sur la grande majorité... BOOOOOOOOOMMMMMMMMMMMMMMMMM!!!!!!!!!!!!


La semaine dernière m'a clairement vu franchir la limite et tilter. Même plan d'urgence qu'en janvier : on élimine les plus gros buy-ins et les MTT à très forte variance comme les 20 et 30 Turbo, on réduit le nombre de tables à 10 max, on resserre un peu le jeu et on essaie de jouer mieux, tout simplement.

J'ai ajouté une journée de break vendredi dernier, mon cerveau chauffait trop. Une mini session samedi matin sur des micros (positive, weeeeeeeeeee, première du mois!!! lol). Un week-end en amoureux bien régénérant. Et voilà!


Plus que la pause, c'est surtout la réflexion qu'elle a permise qui fut bénéfique.


On peut se plaindre des heures de run bad. Mais ça arrive à tout le monde et les résultats ne sont pas seulement liés à la capacité à gagner des setups. En fait, dans cette marée de badbeats, il y a aussi eu chaque jour un ou deux MTT où je suis passé à travers le champ de mines sans trop de soucis. Mais, la tête dans mon whine/tilt/Ctrop1justmylifsux, je n'ai rien fait (ou presque) d'aucun de ces tournois. Entre extrême passivité (on va rien tenter vu comment on run baaaad!!!) et prise de risques ridicule (toute cette déchatte, c'est sur ce MTT qu'elle se compense!), peu importe comment le tilt s'exprime, ça reste du tilt.

J'ai donc bad runné les dix premiers jours de février. Mais j'ai surtout tilté et systématiquement massacré chaque chance que j'ai eu de faire tout de même de bons résultats.

Le même bad run cette semaine et je me suis concentré sur les MTT qui marchaient. Ils n'ont pas été nombreux mais quelle importance ? Les résultats ne se font pas sur le nombre de places réalisées mais sur la qualité de ces places.



A ce sujet, la polémique actuelle sur les structures de paiement me fait mi-sourire mi-grincer des dents (quand on mesure la force de ce genre de campagne de quasi lobbying).

Franchement, comment peut-on défendre décemment ce genre d'opinion ? Jouez quelques milliers de MTT et observez comment la courbe de gains évolue. Celle-ci sera 100% dépendante des podiums (et encore, le rôle des 3èmes places est assez faible en comparaison). Tout le reste, y compris les TF en bois et les places d'honneur, n'a aucune incidence sur les gains à long terme. Aucune!

Pire, diminuez les dotations des deux premières places pour augmentez les honorables-serrariens et vous constaterez que vos gains diminuent... à moins d'avoir énormément de ces places honorifiques.

Et c'est bien là la seule raison de désirer plus de lissage dans les payouts. les seules personnes que ce genre de proposition intéresse sont les grappilleurs de place, les joueurs de paliers.

Ce n'est pas ma vision du poker de tournoi. A tort ou à raison. Je ne joue pas pour faire des 15èmes ou 7èmes places qui paient bien et sur lesquelles je vais brag. Je me suis fait "engueuler" sur pokernews car je n'avais pas signalé la 5ème place sur le Big Ten. Même si la perf était correcte et le gain concret (environ 700€), je n'avais pas grand chose à faire de cette "perf". Avec les gains standards du .fr, cette somme aura pourtant un impact sur mes résultats. Et vu les sessions précédentes, elle était salvatrice.

J'aurais pu. Mais si je ne brag que sur les podiums (et encore, les 3èmes places laissent toujours un goût amer), c'est que cela seul m'intéresse. Seules ce top3 me semble justifier mon/de l'attention (ok, on fera une exception pour quasiment any TF d'any major). Seul ce top3 aura un réel impact sur mes gains à long terme. Seul ce top3 me motive.


Le reste ? Je le laisse volontiers aux gratte-paliers. Faites-vous plaisir avec des 7èmes places 10 ou 20% mieux payées. Au final, vous n'y gagnerez rien. Vous continuerez de toute façon à jouer chaque palier sous la pression des joueurs plus agressifs qui abuseront encore et encore de vous. Parce que, au final, lisser les payouts, ça revient surtout à ça : éliminer la pression, éviter toute réflexion ICM et, surtout, retirer une des meilleures armes à la disposition des meilleurs joueurs.

Plus les paliers seront impactant, plus les meilleurs joueurs feront de meilleures perfs et gagneront plus. Period.


Après, il y a évidemment des abus. Et notamment en live. Mais venir argumenter que les joueurs dealent car les écarts sont trop importants, come on! On deal car ça nous arrange et on deal quand ça nous arrange. J'ai pris le deal hier sur le Big Ten car je commençais à steamer méchamment ET car mes adversaires commençaient à reprendre du stack. Je n'aurais pas spew une main ridiculement et fait doubler un de mes adversaires, il n'y aurait jamais eu de deal. Le deal est un outil à notre disposition. Pas une obligation. Lisser les payouts revient à dealer d'office. Et on sait qui le deal arrange le plus...



Voila, c'était mon petit coup de gueule.


Mais ça commence à me gaver méchamment de voir cet espèce de consensus mou des grignoteurs prendre peu à peu réalité. Je veux des payouts qui favorisent lourdement le top3 et plus encore la gagne. Et je rêve aussi de paliers plus marqués avant. Voir des paliers payer 10% de buy-in en plus, je n'ai jamais compris l'intérêt. Tout palier de moins d'un buy-in (ou même 1.5 BI) me semble inutile et contre-productif.

Sinon, y'a aussi les SNG, c'est sympa les SNG...



Et ce sera tout ce kipik pour aujourd’hui, back to grind

Petits ratés de janvier


On va tenter de garder un rythme minimum d'au moins un update mensuel.

Disons-le tout de suite : janvier 2012 ne restera pas dans les annales comme un bon mois. Je termine pourtant avec le résultat que je me suis fixé comme minimum (1500). Mais ça aura été laborieux. Et l'essentiel du mois a surtout été dans le rouge.

Manque évident de réussite en fins de mtt. Mais la faute en incombe à un jeu assez faible au moins la première quinzaine. Ca arrive, c'est pas très grave tant que j'arrive à le réaliser et à corriger le tir. Pas eu beaucoup plus de réussite sur la seconde moitié du mois (en fin de mtt) mais un jeu clairement plus attentif, efficace et agressif.

Ce mauvais départ me semble pour beaucoup dû à un défaut psychologique que je connais bien : je tire un bilan positif, je me sens fort et je commence à relâcher mon attention. En même temps, cette impression de supériorité crée un sentiment de "dû". Qui met vite en tilt dès que la réalité du poker revient se rappeler à moi : rien n'est dû, ni même acquis, dans ce jeu.

Quelques flips et 70/30 perdus en late plus tard, y'a plus personne et ça recommence à causer avec les oiseaux...


Facteur aggravant : j'ai aussi tenté de pousser un peu le volume en début de mois. Peut-être un peu plus que je ne peux me le permettre. Mais, bon, ça, c'est pas grave, c'est le chemin pour réussir à gérer ce volume un jour. En gros, je suis pour l'instant encore négatif en jouant 50 MTT/jour alors que je suis positif entre 30 et 40. Doit en gros correspondre à la différence entre 12 et 8 tables.


Bref, au final, tout se passe bien une fois les petits ratés du démarrage effacés. D'autant que tout va pour le mieux autour : votre kipik est amoureux, l'histoire est belle et j'ai même réduit considérablement les facteurs de stress environnants depuis le changement de PC.

Honnêtement, je n'en avais pas la moindre idée. Mais dès la première session avec le nouveau monstre (j'ai une bonne érection dès que je vois son boîtier... NZXT, je vous aime!), ça a été tellement évident que ne pas l'avoir anticipé m'a étonné. Je devais le changer depuis quelques temps; mais je ne savais pas à quel point cela me coûtait de jouer sur l'ancien. Psychologiquement et financièrement.


Seul bémol sur janvier : je devais jouer "reg" les 50€, j'ai give up à la moitié. Non pas que ça se passait mal, juste préféré faire un stop loss le temps de retrouver un A-game (plus la bankroll et le mental qui vont avec). Pas la peine de créer des conditions de stress inutiles en commençant à jouer des BI un peu limites. Je termine le mois avec un léger gain de bankroll, on va donc y retourner tout de suite.


Côté travail, je me suis surtout intéressé à corriger un de mes points les plus faibles : je ne 2-barrel pas assez et suis (étais?) super exploitable en floating. Ou j'étais moins exploitable sur les dotcom ou cela avait moins d'importance (et vu comment ça a tendance à peel/flat light en fr, je penche pour la seconde option), mais c'est un défaut qui commence à me coûter une tonne.

Pas si évident quand on en a perdu l'habitude. Mais on sent vite la différence et il n'est pas très difficile de faire admettre à son cerveau que, même si les conditions sont théoriquement pas géniales, ça peel encore et encore mais insiste rarement sur 2-barrel (quitte à sizer gros son 2nd barrel. Ou à le compléter d'un 3ème quand le draw le plus probable ne rentre pas...).



Second point de travail en janvier : les value/blocking bets. Ca, par contre, c'est moi qui les ai peu à peu effacés de mon répertoire. Et c'était de toute évidence une erreur.


Enfin, mais ce "chantier" va se poursuivre en février, pas encore satisfait : surelancer beaucoup plus sur des tapis de steal un peu borderline (en gros, les ouvertures en fin de parole de joueurs entre 18 et 25bb). Les spots exploitables sont nettement plus nombreux en .fr, aucune raison de ne pas en profiter (excepté mon cerveau qui renâcle à le faire...).




Au final, un mois satisfaisant. J'ai atteint mes objectifs de volume (600-650 MTT). Réalisé mon minima financier. Plutôt bien géré une période de tilt. Travaillé quelques points faibles de mon jeu. Et même sorti positif des Flash Series, ce qui ne m'étais pas arrivé depuis longtemps sur une série d'events (me semble).

Le plan pour février est globalement le même (le tilt en moins ?). Peut-être un peu moins de volume si je sens que ça bloque encore, ce n'est pas le plus important. Juste essayer de jouer bien et de travailler encore quelques faiblesses, c'est pas ça qui manque. Et moins spew en fin de mtt : j'ai souvent du mal à estimer correctement les ranges adverses en late alors que celles-ci se modifient considérablement... et pas forcément comme je m'y attend.


Et ce sera tout ce kipik pour aujourd'hui

happy end (pour l'instant)

Nope, ce blog n'est pas mort. En tout cas, pas totalement. J'avoue n'avoir que très peu d'intérêt à m'en occuper par les temps qui courent mais les choses peuvent très bien évoluer en sens inverse.

Il me reste à résumer quatre mois de mylife. On va tâcher d'être bref...


Je vous laissais fin août après un excellent mois et quelques incertitudes quant à la suite. De fait, la vie et ses hasards se sont chargés de prendre les décisions à ma place. Portable qui explose. Puis la tour qui m'abandonne. Le temps de corriger le tir, c'est la box qui me lâche deux fois de suite en soirée, lorsque la session est à son maximum d'activité. Toujours sans portable pour trouver un Internet de secours, les deux se solderont par la perte de quasi 100% des buy-ins. Vu que je joue intensivement sur la bankroll (10-15% investi par session), ça fait mal. Quoi qu'il en soit, je termine le mois à +2k. Plutôt sweet...

Octobre continue d'entrée sur la lancée. Cette fois, c'est carrément la ligne qui plante. Encore en pleine soirée quand les deux écrans débordent. Évidemment. Et je me retrouve immobilisé pour plusieurs jours, le temps qu'un technicien FT se déplace. Histoire d'éviter de tilter, je ne reste d'ailleurs même pas attendre devant la box qu'elle (éventuellement = jamais) reprennent vie. Direction le pub, profitons-en pour se mettre en vrac.

En fait, ce badboxbeat aura été la meilleure chose qui me soit arrivé depuis longtemps vu que cela m'aura permis de rencontrer la petite merveille qui illumine depuis mes jours (et mes nuits... quand je ne grind pas).

Du coup, pas facile de trouver la concentration, l'envie et le temps de jouer. Je termine le mois au quart du volume prévu/espéré. Et peux m'estimer heureux d'engranger 1.5k grâce à une win sur un 3€ rebuy...


Novembre sera le mois difficile. La présence d'Alice (Alice ? Who the fuck is Alice ?) dans ma vie semble soudainement rendre tout plus compliqué. Je m'ajoute une tonne de pression, je ne pense plus qu'au résultat et jeu et mental vont en se dégradant comme de bien entendu.

Le mois se termine à même pas +1k et je suis incapable de réaliser pourquoi. Le tilt s'est installé, je pense bad run, variance etc. Alors que je ne suis absolument plus dans mon A-Game (ou même B-Game, d'ailleurs). Ça va s'empirer encore la première semaine de décembre que je termine à -1.5k. Jouer un C-Game serait alors un progrès, si vous voyez ce que je veux dire...

Il faudra/suffira d'une remarque innocente d'Alice pour tout à coup prendre conscience de ce qui se passe. Et c'est là qu'on voit quand même que le travail accompli ces derniers mois n'est pas inutile (sic). Dès le lendemain, changement complet d'attitude, de mental. Détaché, détendu, on resserre aussi le jeu (tout en l'élargissant), on cherche moins le "flip" pour plutôt aller profiter de son edge postflop. Bref, on joue, on pense, on retrouve le bouton fold qui était si difficile à trouver la veille encore. Et tout va pour le mieux depuis. Décembre est pour l'instant à +4k. Je vais prendre ce day off et il restera encore deux sessions pour améliorer le score (or just call it a year, dunno).


On m'avait recommandé de trouver des points d'ancrage mentaux : un instant "in the zone" et un autre "braindead on tilt". J'avais trouvé le premier en août (et la technique a parfaitement marché, il m'a suffi d'y penser lorsque j'ai pris conscience de tilter pour aussitôt retrouver "la grâce"). Je pense avoir maintenant un excellent ancrage "tilt" avec la réaction d'Alice début décembre.

Ça m'a aussi permis de réaliser que j'ai eu dans le passé nombre de ces épisodes de tilt inconscient.


L'heure est maintenant aux bilans. La première moitié de 2011 aura été un cauchemar interminable pour moi. Avec du recul, je n'arrive même pas à comprendre pourquoi/comment il aura fallu que j'en arrive à ne même plus avoir de quoi jouer (théoriquement) des MTT à 3€ pour enfin prendre conscience. Il est effrayant de constater comme il est facile de passer, en quelques mois, de joueur correct avec une BR maigrichonne à total donkey broke. Je ne peux même pas feindre l'inconscience (ou l'accident pathétique comme en décembre dernier). Je savais ce qui se passait. Je n'avais juste pas idée de comment inverser la vapeur.

C'était peut-être l'étape obligée pour qu'enfin je recommence à travailler. Sur le jeu qui avait beaucoup régressé à force d'être considéré comme acquis (lol). Mais surtout sur le mental qui avait toujours été mon point faible, aucun doute là-dessus. Encore une fois, le savoir n'aide pas réellement. La lecture du Tendler m'aura beaucoup aidé. Le déclic sera venu dès la page 8 :

Conventional wisdom knows the end game, so players are told to be fearless, to be confident, and to not let variance piss them off; but for many players, that's not enough. It's one thing to know the end game, and quite another to actually fix the problems preventing you from getting there.


ding!

Des années que j'essaie le fearless/confident/non-variance merdier. Parce que c'est ce qu'il faut faire, tout le monde vous le dira. J'avais progressé avec l'Angelo et des causettes entre joueurs ou avec des amis. Mais je n'avais jamais réellement réussi à approcher le Graal. Et cette incapacité devenait elle-même un frein permanent, et de plus en plus efficace, à mes chances d'y arriver. En life tilt à force de ne pas savoir non-tilter/gérer le tilt.

Un premier pas aura été franchi en juin. Le dos au mur, il ne m'était plus permis de ne pas travailler. De remettre tout en question (surtout que ça marchait obv merveilleusement bien, hein).

Le second aura été en août avec la retraite à la campagne. Au calme, dans un environnement neuf, sans rien pour me distraire ou m'empêcher d'arriver à la "zen attitude".

Troisième étape en décembre avec la prise de conscience de l'écart entre best et worst game. De ce que me coûte toute sortie du A/B-Game. D'accepter enfin que, oui, je tilt comme un malade. Beaucoup, beaucoup plus souvent et violemment que je feins de le prétendre. D'admettre que c'est sur ces faiblesses que je dois le plus travailler. Je n'ai aucun problème à "suer" pour améliorer mon best game. J'ai une réticence pathologique à accepter et travailler mon worst. Problème d'ego, certainement, qui ne veut/voulait même pas en entendre parler. Je suis au top mais je tilt parfois est tellement plus facile à accepter que "je tilt tellement que mon best game est une anomalie et mon jeu n'est que médiocre".


Rien n'est encore gagné. Il reste beaucoup à faire. Mais j'ai confiance. Les progrès de ces derniers mois laissent espérer le meilleur. La bankroll est remontée à un niveau acceptable qui va me permettre de jouer les 50€ en janvier. Je sais ce dont je suis capable quand je suis au mieux. Et je sais où trouver ce mieux. J'accepte enfin mon pire. Je reconnais que c'est aussi/sourtout ce que je dois travailler. Et je commence à savoir le faire.

Et j'ai Alice. Merci mon amour d'être là. De supporter la vie débile d'un grinder de MTT. De faire de moi quelqu'un de meilleur. De me donner l'envie qui me manque parfois. La motivation. Le rire qui n'est pas toujours facile à trouver quand on se fait badbeater à répétition sur 16 tables. Ou juste de me rappeler que le poker n'est jamais rien d'autre que le job que je me suis choisi. Et rien de plus...


Un dernier petit mot enfin pour tous ceux qui ont cherché à prendre des nouvelles. J'ai répondu à certains. J'ai déplacé vers le dossier "blog-à traiter" (sorte de poubelle bis) la plupart. Le poker draine un fort taux d'abrutis mais aussi beaucoup de gens formidables. J'ai préféré ne faire appel à la générosité d'aucuns d'entre vous car je pensais/savais que j'avais besoin de m'investir à 100% personnellement dans ma reconstruction en tant que joueur (à l'exception d'un petit stacking FCOOP dont le bénéfice attend toujours son investisseur ;)).

Répondus ou ignorés, merci à tous pour soutiens, encouragements, whatever. Je dirais bien que j'essaierai à l'avenir de donner plus de news. Mais j'en doute

J'avais dit bref. Chacun appréciera.

Et ce sera tout ce kipik pour aujourd'hui/2011

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